MEF: Situation de la Dette Publique au 30 septembre 2022

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BULLETIN STATISTIQUE DE LA DETTE PUBLIQUE

Situation à la date du Troisième Trimestre 2022

(au 30 septembre 2022)

MINISTERE DE L’ECONOMIE et DES FINANCES

DIRECTION NATIONALE DE LA DETTE ET DE L’AIDE PUBLIQUE AU DEVELOPPEMENT

Préface

En 2019, les autorités guinéennes ont adopté une politique de la dette qui s’inspire des normes internationales. La transparence est l’un des éléments essentiels de la déclaration de la politique d’endettement public. Ainsi, l’établissement du bulletin statistique trimestriel et sa publication sur le site du département, demeurent un impératif pour atteindre les objectifs de gestion de la dette publique.

Le Bulletin statistique, en tant qu’instrument de synthèse de la Stratégie de Dette à Moyen Terme (SDMT) et de l’Analyse de Viabilité de la Dette (AVD), s’inscrit dans cette logique de promotion de la bonne gouvernance et d’amélioration des relations avec nos partenaires techniques et financiers, ainsi que les populations.

C’est pourquoi, l’accès du public aux données de la dette publique demeure une priorité du Ministère de l’Economie et des Finances, étant entendu qu’il permet de vulgariser les informations économiques et financières, renforçant ainsi le système de communication et la transparence, gages de crédibilité, de fiabilité et de confiance.

  1. Situation de la Dette Publique au 30 septembre 2022

Le stock de la dette publique et de la dette garantie au 30 septembre 2022 se chiffre à

GNF 61 867,31 milliards, soit environ USD 7 161 milliards. Il est constitué de GNF 33 761,43 milliards soit USD 3 908 milliards au titre de la dette extérieure (56%) et de GNF 28 105,89milliards soit USD 3 253 milliards au titre de la dette intérieure (44%)(voir graphique 1).

L’évolution du stock de la dette publique présente une tendance à la hausse par rapport au trimestre précédent, qui était de USD 7 073 milliards, due à la hausse de l’encours de la dette intérieure qui est passé de USD 3,086 milliards à fin juin 2022 à 3 253 USD milliards à fin septembre 2022. (voir graphique 2 et tableau 1.

La dette intérieure est constitué des Bons du trésor à moins d’un an (27,79%), des

Emprunts Obligataires de 3 ans (1,46%), de la dette titrisée (11,81%), des avances à court termes de la BCRG (22,26%), de la recapitalisation de la dette BCRG (15,46%), des crédits TVA (6,20%) et des arriérés de dépenses (6,9%) de la dette publique (voir graphique 3)

La dette extérieure quant à elle, est constituée de la dette Multilatérale (46,86%), de la dette bilatérale (43,90%) et de la dette commerciale (9,24%)(voir graphique 4)..

La dette multilatérale est composée de la Banque Mondiale (8,23%), du FMI (5,56%), de la BID (4,58%), du Groupe de la BAD (3,27%), de la BEI (1,73%) et des autres (2,19%) de la dette publique. Il est à noter que la Banque Mondiale et le FMI représentent respectivement 32,20% et 21,76% de la dette multilatérale, 15,19% et 10,94% de la dette extérieure.

Les créanciers du Club de Paris excluant le C2D représentent 0,7%, alors que ceux Hors Club de Paris se situent à 27,6% de la dette publique. En termes de volume de la dette bilatérale, la Chine occupe le premier rang avec 70,20% de la dette bilatérale, 31,7% de la dette extérieure et 19,9% de la dette publique.

Le taux d’endettement public (encours de la dette rapporté au PIB) est de 36,4%, reparti entre la dette extérieure pour 19,8% et la dette intérieure pour 16,5%. (voir tableau 1).

Ce taux, en hausse par rapport à celui de juin 2022, qui était de 35,9% s’explique par la hausse du taux d’endettement de la dette intérieure et l’effet du taux de change sur le niveau de la dette extérieure combiné par le dynamisme de l’économie reflété par le niveau du PIB relativement élevé par rapport à celui de 2021.

Le niveau de ce taux d’endettement en dessous du seuil de 70% fixé pour les pays membres de la CEDEAO, résulte de la gestion prudente de la dette, qui privilégie le recours aux emprunts concessionnels, en conformité avec les reformes des Finances Publiques.

Il est à signaler que le C2D en GNF 344 milliards, soit USD 40 millions, ainsi que les arriérés extérieurs pour GNF 1 296 milliards, soit USD 150 millions, représentent respectivement 0,8% et 2,42% de la dette publique et 0,30% et 1,1% du PIB.

De même, le ratio du service de la dette sur les exportations est de 2,82% en moyenne, nettement en dessous du seuil de 10%. Toutes choses qui ont permis la stabilité du taux de croissance à une moyenne de 7,5% sur les trois dernières années (voir graphique 5).

Avant l’éclatement du panier de DTS entre les devises, le dollar était à 42% alors que l’euro était à 13%. Après l’éclatement, le dollar US avec 58%, reste la principale monnaie de la dette extérieure suivi de l’euro 25%. Cette configuration traduit la politique du Gouvernement qui consiste à réduire progressivement l’exposition du portefeuille de la dette publique au risque de taux de change. (voir graphique 6).

Les tirages cumulés sur emprunts en devises s’élèvent à USD 275 millions, soit 2363 GNF milliards pour la réalisation des Projets et Programmes de Développement financés par les partenaires bi et multilatéraux, par catégories de créanciers et par trimestre figurant dans le tableau 2 et graphique 8.

Les prévisions de la dette publique en 2022 se chiffrent à GNF 14 820,10 milliards dont 13 621,21 en dette intérieure et 1 198,89 en dette extérieure. L’exécution du service de la dette publique au troisième trimestre se chiffre à GNF 3 261,21 milliards dont GNF 2 514,51 milliards pour la dette intérieure et GNF 746,69 pour la dette extérieure, soit un taux d’exécution de 62,69% comme l’indique le tableau 3.

Aussi, l’Etat a mobilisé à la fin du troisième trimestre 2022 GNF 8 717,8 milliards sur le marché local, constitués de bons du trésor et des Obligations du Trésor. Ce niveau est en hausse de 30% par rapport au deuxième trimestre de 2021, due à l’émission d’un nouvel instrument, les obligations du trésor pour un montant de GNF 1730 milliards.

Le profil d’amortissement de la dette publique reste faible de 2022 à 2050. Cette tendance s’explique par le recours aux prêts concessionnels conformément au programme FEC (voir graphique 7).

Le risque de refinancement est important et découle principalement de la dette intérieure. A fin 2021, près de 36,9 % de la dette intérieure, principalement les arriérés et les bons du Trésor, doit être remboursée et refinancée en 2023. En dehors des bons du Trésor, le profil de maturité indique une bonne répartition des échéances au cours des prochaines années. Ce profil pourrait changer si la stratégie implicite actuelle qui favorise l’émission de titres à court terme demeure inchangée pour les prochaines années. Au cours du troisième trimestre 2022, les accords de prêts signés se résument dans le tableau 4.

Toutefois, pour l’année 2021, le montant total des nouveaux engagements au titre des prêts et des dons se chiffre environ à USD 431,600 millions soit un taux moyen de concessionnalité de 39,98%.

L’analyse du portefeuille de la dette a été réalisée en 2020 avec l’assistance technique de l’Afritac de l’Ouest du FMI. Les résultats ont montré que le portefeuille est exposé aux risques de refinancement, au taux d’intérêt et de change comme indiqués dans le tableau 5.

Au deuxième trimestre 2022, la Guinée a mis à jour sa stratégie de la dette à moyen terme (SDMT). De cette mise à jour, il ressort l’analyse ci-après :

– le taux d’intérêt moyen de la dette extérieure est de 2,1% ;

– la durée de vie moyenne de la dette extérieure est de 9,6 ans ;

– le risque de change reste élevé à 56,50%.

– le risque de refinancement de la dette intérieure reste élevé avec une part importante de Bons de Trésor à maturité courte (1 an) 56,6% ;

Il faut noter que le risque budgétaire lié au non-recouvrement de ces prêts rétrocédés aux entreprises bénéficiaires est élevé (voir tableau 6).

Le montant total des soldes engagés non décaissés s’élève à USD 2 317 milliards soit GNF 20 017 milliards au 30 juin 2022 (voir tableaux 7). Près de 60% de ce solde de financements proviennent de sources bilatérales, y compris le financement du projet Hydroélectrique de Souapiti.

Il est à signaler que ce montant serait sensiblement réduit si l’on soustrait les accords de prêts signés non encore décaissé en juin 2021 représentant USD 741,74 millions, soit GNF 6 407,94 milliards. Le Plan d’endettement 2022-2023 prévoit la signature des projets comme indiqué dans le tableau 9.

  1. Conclusion et Recommandations

Il est à signaler que les indicateurs de viabilité de la dette publique sont restés à un niveau modéré de risque de surendettement. Cependant, le portefeuille de la dette publique est exposé à des risques de refinancement pour la dette intérieure, de change pour la dette extérieure et de taux d’intérêt pour la dette publique.

Le taux d’endettement est resté complètement en deçà du seuil communautaire de la CEDEAO de 70% ce qui donne en principe une marge éventuelle de manœuvres pour mobiliser des ressources de financement des infrastructures socioéconomiques de base.

Le taux d’endettement est conforme au seuil de 35% de concessionnalité fixé par le FMI et la Banque Mondiale. Il est important de signaler que la Guinée est parmi les cinq meilleurs pays au monde qui reçoivent les ressources de l’Association Internationale de Développement (IDA) pour les questions de transparence dans la gestion de la dette publique. Les critères qui ont favorisé ce résultat résident dans la publication à temps du bulletin statistique de la dette avec une périodicité régulière, une accessibilité facile, une bonne couverture des instruments (dette intérieure et extérieure) et les informations les plus récentes.

Ainsi, pour renforcer cette notation de la Banque Mondiale en matière de gestion de la dette, il est envisagé de :

  • accélérer le processus des décaissements des projets et programmes de développement en vue d’améliorer le taux d’absorption ;
  • diversifier les instruments d’emprunt sur le marché intérieur pour financer les infrastructures, en privilégiant les émissions d’obligations du trésor, afin de minimiser les risques de refinancement ;
  • diversifier le portefeuille de la dette extérieure en devises pour réduire les risques de changes ;
  • former le personnel de l’utilisation efficiente du logiciel SYGADE.

Service Communication, Relations Publiques 

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