Le Ministre Moussa Cissé présente le « volet dépenses d’investissements » de la LFR 2022 à l’Hémicycle devant les conseillers du CNT.

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Sacrifiant au rituel consacré en la matière, le Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan était,  le mercredi 14 septembre 2022, à l’hémicycle devant les honorables conseillers nationaux du CNT pour camper les grandes lignes du « volet investissement » dans le projet de loi de finances rectificative soumise à l’examen et à l’approbation de l’Institution faisant office, de Parlement de la Transition. A la suite de son collègue en charge du Budget et du Gouverneur de la BCRG, tous membres du « Pool économique, financier et monétaire du Gouvernement », Moussa Cissé a d’emblée commencé par situer le contexte qui a prévalu à l’élaboration de cette LRF, (la première soumise) par le Gouvernement de la Transition au CNT : « La préparation du PLFR de cette année intervient dans ce même contexte, marqué principalement par le ralentissement généralisé de l’économie mondiale qui s’explique par : (i) les répercussions négatives de la guerre en Ukraine sur la production du blé au niveau mondial ; (ii) la baisse de la croissance mondiale qui a conduit à une contraction au deuxième trimestre de cette année, due au ralentissement de l’activité en Chine et en Russie. Sur le plan interne, la baisse considérable de la mobilisation des recettes douanières par rapports aux objectifs déclinés dans la Loi de Finances Initiale (LFI) 2022. »

Poursuivant son argumentaire, le Ministre Moussa Cissé rappelera que l’objectif du Projet de LFR soumis est de corriger les prévisions initiales en cours d’exercice. Elle est aussi et surtout une traduction chiffrée des objectifs contenus dans la lettre de cadrage et d’orientation du Premier Ministre, en date du 19 novembre 2021. Et de préciser que « L’élaboration de cette loi, basée sur l’efficacité de la dépense publique et la réduction du train de vie de l’Etat avait pour objectif : un taux de croissance projeté à 5,7% ; un niveau d’inflation en moyenne annuelle de 10,1% ; un déficit global de 2,9% du PIB ; porter la part des dépenses d’investissement public à 25% du budget de l’Etat ; veiller à ce que les fonds de contrepartie des projets sur financement extérieur soient prévus ; porter le niveau de crédit aux secteurs de la santé et de l’éducation à 20% des dépenses budgétaires ; garantir au minimum, 10% des dépenses de l’Etat au secteur agricole conformément aux accords de Maputo et Malabo ; réaliser les services sociaux de base (éducation, santé, etc.) ; mettre en place un cadre de gouvernance efficace et améliorer la gestion financière et du cadre macroéconomique ; construire des infrastructures routières de qualité et optimiser les procédures portuaires et aéroportuaires ; améliorer les transports urbains et interurbains ; et créer un environnement propice au développement du secteur privé national, attractif aux investisseurs étrangers. »

Le Chef du Département de l’Economie, des Finances et du Plan a souligné, à l’attention des honorables conseillers, le fait que la récente immersion Gouvernementale d’un mois dans l’arrière-pays, a permis d’identifier les besoins imminents en termes d’infrastructures sociales, routières, ferroviaires et hospitalières au niveau local. Ce manque d’infrastructures s’explique selon lui, par l’insuffisance des crédits alloués aux services déconcentrés par les Départements techniques et de politique au niveau local permettant d’identifier et de définir les besoins de développement.

C’est pourquoi, rassurera-t-il, pour « pallier à cet état de fait, au niveau local, le Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan dont l’une des missions est la planification, la programmation, la gestion des investissements publics ainsi que la mobilisation et la coordination des aides extérieures, compte renforcer le processus de programmation des dépenses d’investissement en lien avec les priorités sectorielles mais aussi le suivi rapproché de leur mise en œuvre. »

Après avoir apporté un éclairage sur le contexte, les grandes orientations et articulations macro-économiques, le Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan donnera davantage de précisions sur les grandes lignes du volet investissement de la LFR 2022 en examen : « L’enveloppe globale prévisionnelle du PLFR 2022 dans son volet dépenses d’investissements publics se chiffre à 10 251,26 Mds contre 10 320,5 Mds de GNF prévus en Loi de Finances Initiale (LFI), soit une baisse de 69,25 Mds GNF (0,67%). Elle est financée sur ressource propres pour 6 130,02 Mds y compris les droits et taxes, soit 59,79% et par les ressources extérieures pour 4 121,24 Mds, soit 40,21%. Pour ce qui est des projets sur financement extérieur, le montant total de prévision est de 4 121 Mds de GNF hors taxes dont : (i) 3 046,9 Mds en Prêts ; et (ii) 1 074,3 Mds de GNF en Dons. La répartition sectorielle de ce montant se présente comme suit : le développement rural et l’environnement pour 22,03% (907,9 Mds de GNF) ; l’eau, l’énergie, les mines et l’industrie pour 36,96% (1 523,19 Mds) ; les infrastructures et équipements pour 13,35% (550,18 Mds de GNF) ; le secteur social (éducation, santé et affaires sociales) pour 10,63% (438,08 Mds) ; et l’administration et la décentralisation pour 17,03% (701,84 Mds de GNF) » indiquera Moussa Cissé.

Cet exposé liminaire du Ministre Cissé complètera, la présentation du Ministre du Budget, Dr Lanciné Condé portant sur les volets Recettes et Dépenses de la LFR 2022 ainsi que l’intervention du Gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba sur les aspects de politique monétaire qui vient appui à cette LFR 2022.

La cérémonie placée sous l’égide du Président du CNT Dr Dansa Kourouma permettra aux conseillers de poser des questions sémantiques et de faire des commentaires et observations préliminaires avant le démarrage en commissions, de l’examen approfondi de la Loi de Finances Rectificative 2022 soumise au CNT.

Synthèse : Service Communication, Relations Publiques MEFP